« D’ordinaire, je ne tiens pas de journal intime.
Je crains de fixer les instants. Je préfère qu’ils s’en aillent sédimenter quelque part dans un coin de ma mémoire. Qu’ils deviennent un terreau actif, d’où pourront naître les mondes de fiction.
Et puis un jour, si. Je venais de louer un petit appartement dans une station balnéaire. Je me suis assise pour la première fois à la table dans l’idée de me mettre à la rédaction d’un roman que je différais depuis des années, et j’ai commencé à noter mes sensations, à décrire la manière dont la lumière entrait dans la chambre, à parler de mon désir de ce roman, de mes inquiétudes, de la question de comment trouver l’énergie de la phrase ».